Audition de l’ex-patron du FBI: “Le plus important va se jouer à huis clos”

Que faut-il retenir de l’audition spectaculaire de James Comey sur ses relations avec le président Donald Trump et les conditions de son limogeage? Décryptage du spécialiste des Etats-Unis Corentin Sellin.

 

Corentin Sellin: James Comey a confirmé ce qu’il avait indiqué dans sa déclaration liminaire divulguée mercredi: l’impression que Trump lui avait demandé de laisser tomber l’enquête sur Michael Flynn, son ex-conseiller.

Comey va un peu plus loin que ce qu’il a dit par écrit. Aux questions sur la raison pour laquelle il avait décidé de prendre des notes après ses rencontres avec Trump, il a dit avoir considéré que celui-ci pouvait mentir. Le constat est d’autant plus embarrassant que l’ex-chef de la police fédérale dit ne l’avoir jamais fait avec les prédécesseurs de Trump, Barack Obama et George Bush -alors qu’il était adjoint au ministre de la Justice.

Le récit de Comey donne aussi clairement le sentiment que le président des Etats-Unis a cherché à installer une proximité, une intimité presque, avec le directeur du FBI: Comey n’a eu que deux conversations seul à seul avec Obama en trois ans, alors qu’il en a eu deux en un mois et demi avec Trump. Plutôt embarrassant.

Plusieurs points ont toutefois pu soulager l’entourage de Trump: les informations données par Comey ne peuvent pas être considérées comme une tentative d’obstruction du président américain. Comey a dû reconnaître qu’il avait seulement eu “le sentiment” que Trump espérait qu’il laisse tomber l’enquête sur Flynn. Ensuite, l’ancien chef de la police dit que le président souhaitait la suspension de l’enquête sur Flynn, pas celle sur l’interférence russe.

 

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